1. Généralités

L’orgue est un grand instrument à vent, composé de nombreux tuyaux que l’on fait résonner par l’intermédiaire de claviers, en y introduisant de l’air au moyen d’une soufflerie.

L’orgue est donc en quelque sorte une sorte de flûte de pan dans laquelle les poumons du musicien sont remplacés par un mécanisme qui comprime l’air et sa bouche qui dirige l’air dans les diverses flûtes est remplacée par un système permettant d’ouvrir des soupapes afin de libérer l’air dans les flûtes.
Le mot « orgue » qui vient du grec οργανον ou du latin organum signifie d’ailleurs « appareil », «outil »,  « instrument ».
Notons que « orgue » est un mot du genre masculin au singulier. Cependant, au pluriel il peut être soit féminin en parlant d’un seul instrument (de belles orgues, les grandes orgues), soit masculin en parlant de plusieurs instruments (les orgues de Paris).

Il était une fois … l’orgue

On attribue à l’ingénieur Ctésibios d’Alexandrie, au III° siècle avant J-C l’invention du premier orgue qu’on appelle « Hydraule » ou « hydraulos », des mots grecs « húdrios » (d’eau, aqueux), lui-même dérivé de « húdôr » (eau) et « aulos » (sorte de hautbois).
L’Hydraule est donc un hautbois qui fonctionne à l’eau … ou presque.

Ctésibios a cherché à contrôler les propriétés élastiques de l’air en créant le piston. Il a démontré son invention en faisant sonner des aulos grâce à son piston. Pour faire fonctionner sa machine, il a également inventé le clavier et la soupape, éléments qui composent l’Hydraule. Le problème de la régulation de la pression de l’air se pose. Ctésibios propose l’eau comme moyen de régulation.

L’Hydraule est composé de :

  • de deux cylindres à air (de type compresseur à piston)
  • du pnigée qui régulait la pression de d’air pour la maintenir constante
  • du clavier
  • des aulos

Le principe est simple et ingénieux : Ctésibios a utilisé le pnigée (ou pnigeus), une sorte de cloche en bronze, dont la partie basse est immergée dans un récipient cylindrique rempli d’un grand volume d’eau.
Deux cylindres de compression (pistons), actionnés manuellement sont placés de part et d’autre du pnigée. Ils étaient munis de soupapes anti-retour portés par deux dauphins en bronze.
L’air des deux cylindres était envoyé à la jonction de tubes dont l’un descendait vers le sommet du cône du pnigée repoussant l’eau, l’autre montait pour conduire l’air (à pression constante assurée par la pression de l’eau) vers le distributeur du clavier. La constance de la pression d’air était atteinte par suite de la fuite de l’air superflu au fond de la cloche (bulles).

Un clavier de 24 touches qui contrôlaient chacune une soupape en bronze alimentant l’un des 24 tuyaux de longueur inégale qui produisaient deux octaves complètes.
Le musicien ouvrait alors une soupape à l’aide d’un touche du clavier libérant ainsi l’air sous pression constante vers l’aulos. L’eau assurait donc la stabilité des notes de musique.
Le rappel des touches et des clapets était assuré par des lamelles souples en bois d’érable.

Aujourd’hui, l’orgue ne fonctionne plus avec l’eau mais seulement avec l’air.

Copain des tuyaux

Copain des tuyaux

Les tuyaux sont mes amis :-)

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